Il y a 500 ans, on plantait la première croix au Vietnam

 
 
 

Dès l’origine, le christianisme vietnamien est né au milieu des épreuves, suscitant une Église de résistants, petite mais solidement implantée dans le pays, qui fête cette année ses 500 ans d’existence.

Le 19 juin 2018, les cérémonies d’ouverture du jubilé débutaient. L’archevêque d’Hanoi, le cardinal Pierre Nguyen Van Nhon a présidé la célébration d’une messe solennelle en la basilique de l’Immaculée-Conception de Kiện Khê. Au total 20 000 fidèles ont participé à ces premiers évènements du jubilé, qui s’achèvera le 24 novembre 2018. Ce jubilé célèbre les 500 ans de la première évangélisation du pays et les 30 ans de la canonisation des 117 martyrs pour le Vietnam, par le pape Jean Paul II, place Saint-Pierre, le 19 juin 1988.

Le président de la Conférence des évêques du Vietnam, Mgr Joseph Nguyên Chi Linh, appelé les catholiques de son pays à « vivre selon l’esprit des martyrs », dans l’environnement contemporain et de « porter témoignage de l’Évangile ». Il a encouragé les chrétiens à visiter ceux qui connaissent la détresse, la maladie, l’emprisonnement ou la solitude, « comme un pèlerinage vers le Christ ».

Une Église de martyrs

Dès l’annonce de l’Évangile dans ce pays, au XVIe siècle, les chrétiens ont été persécutés. Mais cette persécution a atteint son sommet sous la dynastie des Nguyen, la dernière régnante du Vietnam. Elle dirigea le pays pendant 143 ans, à partir de 1802. Au total, 300 000 chrétiens vietnamiens seraient morts en raison de leur religion pendant le règne de cette famille.

Sous l’influence de la colonisation française, la répression diminua, mais elle reprit sous une nouvelle forme avec l’avènement du régime communiste. Les établissements catholiques furent fermés, les prêtres étrangers expulsés.

Les 117 martyrs du Vietnam

Les communistes vietnamiens se méfiaient du catholicisme, qu’ils considéraient comme une religion étrangère, susceptible d’être utilisée contre leur pays et son régime. C’est pourquoi ils reçurent très défavorablement la canonisation des 117 martyrs du Vietnam par le pape Jean Paul II. C’était alors un évènement inédit, jamais autant de martyrs n’avaient été canonisés en même temps. L’ampleur de cette série de canonisation avait poussé le Parti à la dénoncer ouvertement, la qualifiant de « mésinterprétation délibérée de l’histoire de la révolution vietnamienne ».

Le parti communiste est toujours au pouvoir, et il existe encore des cas de persécutions d’intellectuels chrétiens. Le blogueur catholique Peter Pham Minh Hoang, par exemple, a été arrêté le 23 juin 2017, déchu de sa nationalité et expulsé vers la France, sans être autorisé à revoir sa famille restée sur place. Cependant, selon Mgr Joseph Nguyên Chi Linh le plus grand défi pour l’Église du pays réside dans la reconstruction de ses centres de formation, écoles et séminaires, qui ont été confisqués : « L’Église est presque ruinée. Il nous faut rattraper ce que nous avons perdu ! » Le nombre de chrétiens qui avait explosé précisément pendant la plus grande période de persécution, au XIXe siècle, demeure stable depuis le XXe siècle. Le recensement général de l’année 2000 dénombrait 77,66 millions d’habitants dans le pays. La même année, les évêques du Vietnam estimaient la population catholique à 5,23 millions de personnes, soit 6,7% de la population.

Source : Aleteia.org

 

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