5e épisode : Mon adolescence

 
 
 

Introduction

Ma relation difficile avec la religieuse m’a poussée à interrompre mes études. Je n’ai que quinze ans. Une chance m’est offerte : aller enseigner dans une petit village de compagne. Là, j’ai expérimenté les relations de jeunesse puis la vie d’adulte avec une grande liberté d’action. Je réalisais la passion de ma vie : l’enseignement.

***************************************************************************************************************************************************

Après avoir terminé ma neuvième année, toujours dans la même école, je prends la décision d’arrêter les études. Mes parents sont déconcertés. J’ai du talent, pourquoi cette décision? Parce que je ne veux plus voir de religieuses. Je veux orienter ma vie autrement. Ma mère a un frère prêtre, curé d’une petite paroisse à la campagne. Il m’offre d’aller enseigner dans cette paroisse. J’ai seize ans et il me trouve assez mature. Ma grand-mère vit avec cet oncle, son fils.

Je suis emballée par la proposition. Il me trouve une pension dans une famille pauvre, tout près de cette petite école de campagne. Ces bonnes gens vont m’adopter comme leur propre fille. En fin de semaine, si la température le permet, je viens au presbytère, ce qui enchante ma grand-mère qui s’ennuie beaucoup dans ce village de campagne. Elle dit à sa fille, ma mère. Je suis heureuse d’avoir Lise avec moi. Elle parle beaucoup, je ne comprends pas toujours ce qu’elle dit (elle est sourde d’oreilles) mais elle est si joyeuse, c’est un soleil dans la maison. L’oncle curé aussi est très bon pour moi. Là je peux mener ma vie de jeunesse comme on dit, je m’éveille au monde adulte. Je connais mon premier amour. Ensemble avec les autres membres de sa famille, nous allons danser dans une salle publique et rentrons tard parfois. Jamais je n’ai eu un mot de reproche.

Malheureusement, un jour, une tante est au presbytère et elle m’attend pour connaître l’heure de mon retour à la maison. Ce fut la grande discussion avec la grand-mère et le curé. Alice (c’est le nom de ma mère) vous a confié sa fille, voilà ce qu’elle est devenue. Je vais tout raconter cela à sa mère. La suite de l’histoire, je ne la connais pas car, ni la grand-mère, ni l’oncle curé ni ma mère ne m’ont dit quoi que ce soit sur cette affaire. Ils m’ont fait confiance.

Cette expérience m’a laissé un bon souvenir de cette première année d’enseignement. A la visite de l’inspecteur, il découvre en moi un vrai talent pour l’enseignement et il suggère à mon oncle de m’envoyer à l’école normale. Parce que j’ai déjà de l’expérience dans l’enseignement, les sœurs m’ont classée en deuxième année. Je me trouve encore avec des sœurs mais ces dernières sont bonnes et compréhensives. Je n’ai aucun problème de relation.

A la retraite de fin d’études, je sens un appel à la vie missionnaire. Plus tôt, j’avais  mentionné à ma mère mais je voulais être missionnaire laïque. A ce moment là, je ne voulais pas de vie de religieuse. Ma référence à ce style de vie était trop négative. La réponse de maman fut éclairante, elle me dit : Je ne te vois pas vivre seule. Tu as besoin d’une communauté. Tu ne seras jamais heureuse seule. Pourquoi n’entres-tu pas dans une congrégation religieuse?

Après cette remarque, j’ai abandonné mon projet de vie missionnaire. Mais, à la fin de ma retraite, le désir est plus fort : je veux devenir missionnaire. Je termine mes études, le temps est venu. J’ai alors dix-neuf ans. J’apprends que ma sœur Thérèse rentre chez les Sœurs Missionnaires de Notre-Dame des Anges, je veux rentrer en même temps qu’elle.

D’ailleurs, le Père de la retraite à qui j’en parle me dit qu’il faut faire vite car je peux perdre cette vocation. Je décide de demander conseil à mon oncle prêtre. Il vient me voir. Nous en parlons ensemble. Il me rassure me disant qu’on ne perd pas sa vocation comme on perd son mouchoir. C’est un appel de Dieu au plus profond du cœur. Il me suggère d’attendre quelques années, de commencer à enseigner et de venir en aide à ma famille. Comme j’adore l’enseignement je trouve que sa réflexion est sérieuse. Je ne parle plus de vocation missionnaire. Je trouve une classe au même collège pour garçons où enseignent mes deux sœurs.

Ces quatre années d’enseignement ont été des années de bonheur. La joie de l’enseignement m’habite toujours. Je chemine aussi dans ma foi à l’aide d’un mouvement d’action catholique : la JOC (Jeunesse Ouvrière Catholique). Je me fais des amies dans ce groupe. Je pratique mes sports favoris avec mes grandes sœurs, frères et amis. Une seule ombre à mon bonheur : ma gorge n’est pas suffisamment forte pour l’enseignement. Ma voix est toujours éteinte et le docteur me suggère de changer de travail. Je pourrais être victime de tuberculose ou de cancer de gorge si je continue ainsi. Je fais quelques tentatives de travail en fin de semaine, dans d’autres secteurs mais chaque fois, c’est la grande déception. Je veux rester à l’enseignement. Je disais à ma mère : j’aime tellement l’enseignement que, même si on ne payait pas, j’enseignerais quand même, j’irais plus loin, je paierais même pour pouvoir enseigner. Ma mère me répond : ça, ma fille, c’est une vraie vocation d’enseignante.

Durant cette période, mes frères me présentent des garçons car ils ont peur que je reste une vieille fille. J’accepte quelques expériences avec de bons garçons mais, quand ça devient sérieux, je leur donne leur congé. Ils ne comprennent rien à mes décisions subites et injustifiées. Mes frères montrent leur mécontentement jusqu’au jour où ma mère leur demande de me laisser tranquille avec cette histoire. C’est ma vie personnelle et c’est moi qui vais la gérer.

à Suivre… 

Par Soeur Lise Hamel (Soeurs Missionnaires de Notre-Dame des Anges)

Pour lire l’épisode # 6, cliquez sur ce lien

2 Comments

  1. by Danielle on 30 août 2016  19 h 23 min Répondre

    Bonjour Lise,
    Je viens de lire les cinq premiers chapitres de ton histoire... comme c'est intéressant et dynamisant. Merci d'avoir pris la peine de nous la partager tout simplement avec l'enthousiasme que tu portes. J'attends la suite!!!!

    • by Lise Hamel on 15 septembre 2016  9 h 15 min Répondre

      Merci Danielle. Ton petit mot me donne le goût de continuer. C'est vrai, mon histoire est marquée de péripéties intéressntes. Je les ai vécues avec tout l'enthousiasme que tu me connais.

Leave a reply

Your email address will not be published.

 
Seo wordpress plugin by www.seowizard.org.