Mgr Pontier met en garde contre une « société où l’eugénisme deviendrait légitime »

 
 
 

20 mars 2018

Les évêques de France sont réunis à huis clos à Lourdes jusqu’à vendredi avec plusieurs dossiers d’actualité au menu de leurs débats : états généraux de la bioéthique, migrations, synode sur les jeunes, lutte contre la pédophilie, enseignement catholique…

Dans son discours d’ouverture de la session de printemps de la conférence des évêques de France, son président, Mgr Georges Pontier, a abordé la question des lois bioéthiques et souligné l’intérêt du principe de précaution : « On ne peut avancer sur un chemin tant qu’on n’a pas pu vérifier tous les risques qu’il comporte pour l’avenir des générations futures. C’est ce qu’on pratique dans d’autres domaines et qu’on appelle le principe de précaution ».

Les devoirs dans l’accueil des migrants

Rappelant l’opposition de l’épiscopat à l’extension de la PMA, il a estimé qu’ »on ne peut pas toucher à l’être humain, à sa conception, à sa filiation, à sa fin de vie sans se demander quel monde nous sommes en train de construire. Ce ne serait plus un monde humain et fraternel, mais un monde où le chacun pour soi se construirait sur le destin des autres ». Sur la fin de vie, il a précisé que « choisir ou donner la mort ne peut être que le signe du désespoir et d’une solitude profonde » et que l’Eglise restait toujours au service de la vie et des plus fragiles : « A aucun moment de sa vie l’être humain ne peut être considéré indépendamment du caractère profond de sa dignité. Ne pas respecter cette dignité serait risquer d’aller vers une société où l’eugénisme deviendrait légitime, où la personne ayant le moindre handicap se sentirait de trop, où l’on déciderait pour elle qu’elle n’a pas sa place dans la société, où l’on ne saurait plus reconnaître ce que nous apportent ceux et celles qui sont fragiles, âgés, dépendants ». 

Sur la question des migrants à laquelle la conférence des évêques va consacrer une journée, il a encouragé tous ceux qui s’impliquent dans l’accueil des migrants. « Nous n’ignorons pas le droit pour un Etat de définir sa politique en ce domaine », a aussi fait valoir le président de la CEF, « mais nous savons aussi nos devoirs dans l’accueil des migrants qui sont à nos portes ».

Le peuple de Dieu n’est pas composé de « parfaits »

Alors qu’un synode sur les jeunes se prépare pour le mois d’octobre, Mgr Georges Pontier a précisé combien il était primordial d’accompagner la jeunesse et d’avoir un rôle de témoin auprès d’elle : « Avec les jeunes générations, nous voulons entendre ces appels du Christ à Le suivre comme L’ont entendu les premiers qui L’ont suivi ». Avant d’embrayer sur l’Enseignement catholique, « lieu d’évangélisation et de rencontre », pour lequel un processus d’évaluation est en cours. L’évêque a également affirmé que le peuple de Dieu n’était pas composé de « parfaits » mais qu’il était nécessaire de « faire Eglise ensemble ».

Enfin, il a abordé le délicat sujet de la pédophilie, soulignant les mesures prises pour accompagner et écouter les victimes et rappelant également la nécessité de la prévention. Pour terminer, il a invité à regarder la Vierge Marie, vénérée en ce lieu où elle est apparue, « modèle de foi, d’espérance et d’amour ».

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