Le 17e épisode : La célébration de mon jubilé d’argent

 
 
 

Introduction :

25 ans de vie religieuse, ça se fête. C’est un événement d’Église que nous aimons souligner. La fidélité dans l’engagement, ça ne va pas tout seul, ça représente un bon lot de défis, de grâces mais aussi d’épreuves et en fin de compte, de consolations.

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J’ai la joie de célébrer mon Jubilé d’argent dans la nouvelle paroisse Saint-Paul. Tout le monde est invité, à la messe d’abord puis à la fête. Comme il y a plusieurs centaines de personnes, impossible d’entrer dans notre petite église.

La décision est prise, la messe sera en plein air. Nous invitons le peuple à exprimer comment on pourra célébrer l’évènement. Ils ont bien des idées puisque les Congolais aiment tellement fêter tous les événements de la vie.  Ils sont particulièrement sensibles ici, devant une fidélité de 25 ans dans un engagement comme celui de la vie religieuse ou du mariage. Pour la circonstance, ma sœur et son amie viennent du Canada. Elles passent quelques semaines avec nous. Elles sont toutes les deux séduites par la qualité d’accueil des Congolais.

La messe est célébrée dans le rite congolais reconnu par l’Église catholique. L’entrée en longue procession d’une centaine de petites fourmis (petites filles de 6-7 ans) en costume très original, au rythme du tam-tam, nous met tout de suite dans l’ambiance de la fête. Le moment le plus important de la messe, pour eux, c’est l’offrande. Il faut voir le long défilé de personnes de tous âges, qui arrivent avec différents produits de leurs champs : bananes, patates douces, manioc, pommes cannelle, ragoutants et mangues, etc. Quant aux animaux d’élevage, vous y voyez des coqs, des poules, des canards, des cochons, etc. Tous sont vivants et tenus dans leurs bras. C’est tout un tapage que cette procession : la musique très forte, les chants animés, la danse, les cris des animaux, les acclamations des enfants. La procession dure au moins une heure, car on revient plusieurs fois avec la même offrande pour faire durer la joie. La messe dure au moins trois heures, mais n’apparaît trop longue. Tout le monde danse, y compris le célébrant et ses acolytes. Même ma sœur et son amie chantent et dansent avec la foule. Elles avouent n’avoir jamais vu une messe aussi vivante que celle-là.

La messe est suivie d’un grand banquet. La porte est ouverte à tout le monde. Pas besoin d’une carte d’invitation et pourtant sont venus de 300 à 400 personnes.  Ce banquet a été préparé par les gens eux-mêmes dans les CEB (Communautés ecclésiales de Base). La nourriture est abondante et délicieuse.

L’équipe des Pères et celle des Sœurs travaillent en collaboration avec une belle entente. Je suis engagée dans le centre diocésain pour la formation de catéchistes. L’Église au Congo, dans la brousse surtout, repose sur l’engagement des catéchistes bénévoles. Ils sont 400 dans notre diocèse. Ils jouent le rôle d’animateurs de la communauté chrétienne en l’absence du prêtre qui ne vient qu’une fois ou deux par année. Avec le directeur du Centre, nous organisons des sessions et nous accueillons jusqu’à soixante catéchistes à la fois. Nous allons aussi sur place pour une durée d’une semaine environ pour superviser ce travail si important pour notre Église. Je suis toujours impressionnée par la qualité de leur accueil. Même s’ils sont si pauvres, si démunis, ils arrivent à se débrouiller pour nous loger et nous nourrir.

Je comprends mieux le charisme de notre congrégation et l’importance de la formation des catéchistes que nous considérons comme des multiplicateurs de nos activités missionnaires et de l’évangélisation. Je suis très heureuse dans cette activité auprès des catéchistes.

Je vis parfois parmi eux dans les villages et je partage leur pauvreté et leur dénuement. Je me sens Congolaise parmi les Congolais. Louez sois-Tu mon Seigneur pour la fête de mon Jubilé d’argent célébrée au milieu de ce peuple que j’aime de tout mon cœur.

À suivre…

Pour lire le 18e épisode, cliquez sur ce lien 

Par Soeur Lise Hamel (Soeurs Missionnaires de Notre-Dame des Anges)

2 Comments

  1. by F. Jean Beloin on 29 novembre 2016  21 h 25 min Répondre

    Merci, Sr Lise, pour votre très beau récit qui me rappelle, d'un épisode à l'autre, les bons moments que j'ai, moi aussi, vécu au Zaïre (Congo). Nous étions dans des régions différentes mais j'y reconnais le même peuple si chaleureux et accueillant et attachant.. Continuez car j'ai toujours hâte de lire la suite.

    • by Lise Hamel on 2 décembre 2016  0 h 46 min Répondre

      Merci Jean, vos commentaires me font toujours plaisir.
      Je suis maintenant d retour à ma mission aux Philippines. Il me semble que mon congé au pays a été un rêve, maintenant, je tombe dans la réalité de la mission au quotiidien.

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