Le 15e épisode : Une demande du Seigneur… rester dans mon pays pour un service de la congrégation.

 
 
 

Introduction :

À la fin du chapitre général de la congrégation, en 1974, je suis élue conseillère générale et je dois rester au pays pour rendre ce service.

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À la fin du chapitre général de la congrégation, en 1974, je suis élue conseillère générale. Je n’en suis pas très fière. Ne pas retourner en mission m’est très difficile.

Ces quatre années dans l’administration générale à Lennoxville m’ont appris bien des choses mais surtout m’ont demandé beaucoup de renoncements. Je suis envoyée à notre maison Champlain à Sherbrooke comme supérieure de cette petite communauté mais je viens chaque jour travailler à la Maison Mère où se trouve mon bureau.

Je ne suis pas une femme de bureau mais une femme relationnelle. L’administration n’est pas l’activité qui m’épanouit, c’est du moins ce que j’expérimente durant ce temps. Souvent, mon esprit est ailleurs. Au fond, je dois m’avouer à moi-même : je m’ennuie. Voyant mon état, ma supérieure générale me confie un terrain d’actions selon mes goûts et mes talents.

J’ai reçu de mon père la capacité de parler avec éloquence et conviction. De nature, je suis à l’aise dans les communications et l’animation. Les gens sont captivés par ma façon de raconter les faits, les anecdotes.   Cette éloquence m’a joué parfois des tours.

Je me souviens que, lors d’une réunion générale de la congrégation, alors que nous réfléchissions sur la véritable vie communautaire, la majorité des participantes s’étaient ralliées sur une même idée. Je pensais autrement, et en m’exprimant avec toute ma conviction, prenant mon courage à deux mains, j’ai exprimé une opinion différente et cela a produit un renversement d’idée. Une sœur est intervenue à ce moment-là et elle a mis en garde les autres sœurs de ne pas se laisser influencer par ce talent d’éloquence. Je me sens alors visée et frustrée et je décide de garder silence pour le reste de l’assemblée. À ce moment, l’animateur sent qu’il y a un malaise et nous demande de nous retirer dans nos chambres pour réfléchir. Au retour, il prend lui-même l’initiative de la prière en disant : « Esprit saint, rend nos langues éloquentes… ». Je retrouve ma paix et je comprends alors que l’éloquence avant d’être un défaut est une force et un bon atout dans l’annonce de la Bonne Nouvelle et dans mon travail d’animation missionnaire.  

Mon expérience de missions favorise des échanges avec les chrétiens de nos paroisses. Je fais de l’animation missionnaire dans cinq différents diocèses et j’assure l’homélie à la messe durant laquelle nous recevons des dons pour nos différentes missions.

Ici, j’aurais plusieurs anecdotes à raconter sur cette animation en paroisses. Un jour un curé, si content de mon homélie me dit : « Votre homélie est si éloquente et convaincante, c’est dommage que je ne sois pas une fille, car j’aimerais entrer dans votre congrégation… »

Un autre jour, un monsieur à qui je remettais une enveloppe pour déposer son offrande qu’il donnera au moment de la quête, me dit à l’oreille : « Est-ce qu’on peut embrasser une sœur ? .» Je lui réponds sur-le-champ avec un air moqueur : « Certainement, mettez votre bec dans l’enveloppe ». Il a tellement ri ! Je pense qu’il a mis un bon montant d’argent dans cette enveloppe.

Un autre homme, en entendant mon homélie et en comptant le nombre d’années passées en mission, en voyant toute mon énergie, se demande quel âge je peux avoir. Alors à la sortie il m’interpelle en disant : « Est-ce indiscret de vous demander votre âge ? » C’est justement le jour de mon anniversaire. Je répondis avec humour : « que vous sert-il de savoir mon âge aujourd’hui puisqu’il change chaque année ». Il reste ébahi et ne sait plus que dire.

Cette expérience me permet aussi de rencontrer des curés et des agents pastoraux sympathiques et engagés. Ainsi très absorbée par mon travail, je ne vois pas le temps filer jusqu’à ce qu’un nouveau chapitre général de la congrégation commence. Je suis déléguée de droit comme conseillère générale. Dans l’élection, à la fin de la rencontre, je ne suis pas réélue pour un deuxième terme. Je le vis comme une libération. Je ne cherche pas les raisons. Je crois que les capitulantes, les sœurs présentes au chapitre général, ont saisi que je suis plus heureuse en mission que dans l’administration.   Alors, nait dans mon cœur, le désir d’un retour en mission. Il me faut attendre quelque temps avant que la supérieure générale me parle d’un autre envoi missionnaire. Je me sens prête à aller n’importe où, oui, vraiment n’importe où, tellement mon désir de partir pour annoncer la Bonne Nouvelle au loin, est grand et sincère.

À suivre…

Pour lire le 16e épisode, cliquez sur ce lien 

Par Soeur Lise Hamel (Soeurs Missionnaires de Notre-Dame des Anges)

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