L’attente de Dieu

 
 
 

Lorsque le jeune Samuel couchait dans le temple, près de l’arche de Dieu où se trouvait sa parole, Dieu l’appelait. Il répondait : «Me voici» (1 S 3, 4). Si nous l’attendons, soyons certains qu’il nous attend en premier. Nous l’écoutons, il nous parle à sa manière, surtout quand nous veillons dans une prière silencieuse. Nous n’avons souvent qu’à lui dire avec Samuel : «Parle, Seigneur, ton serviteur écoute» (1 S 3, 9). Et si Dieu se fait attendre, notre désir grandit, et l’âme se dilate pour être encore plus capable de le recevoir.

Se laisser chercher

Comment trouver Dieu si nous ne le désirons pas, si nous vivons à l’extérieur de nos vies et de nos corps, alors que nous sommes créés à son image ? Comment le trouver si nous ne nous laissons pas chercher, si nous n’habitons pas avec nous-mêmes, si nous ne descendons pas dans notre cœur dès le matin, si sa Parole n’épouse pas notre silence, si nous ne lui répondons pas à partir de notre espace intérieur ?

Ce n’est peut-être pas tant Dieu qui est caché à notre regard mais nous au sien. (Voir mon livre Dieu cachél ) Il croit et espère en nous avant que nous croyions et espérions en lui. Il nous a aimés le premier et nous crée sans cesse de son regard d’amour. Il fait les premiers pas avant que nous commencions à marcher. Nous nous tournons vers le seuil de son mystère, mais il est déjà tourné vers nous. Nous allons vers lui, mais il vient déjà vers nous. Son pas précède le nôtre. Il amorce en premier le rythme d’amour qui nous fait vivre de lui. Nous pensons le trouver, on se laisse plutôt chercher et trouver par lui.

L’inattendu

Dieu est toujours celui qui vient où on ne l’attend pas. Il veut nous partager son intimité à l’intérieur même de nos maisons, au centre de notre âme : «Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui ; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi.» (Ap 3, 20)

Dieu n’arrête pas de venir nous visiter en catimini, caché sous le signe qui le manifeste. Notre prière devient alors une immense attente, qu’elle soit communautaire dans la célébration liturgique, ou individuelle dans le secret de notre chambre. Nous le cherchons dans le fond sans fond de notre être où il habite, à la fine pointe de l’âme. Habiter ce lieu intime, c’est se trouver soimême en y cherchant Dieu. Nous prenons un chemin d’introspection qui nous conduit à une intériorité toujours plus grande. En devenant présents à nousmêmes, nous sommes présents à Dieu. L’intériorité se confond avec l’engagement, au-delà de tout activisme. Notre propre existence devient le lieu de la quête spirituelle et de la maturation de la foi.

Et si c’était Dieu qui d’abord nous attendait, nous cherchait. On parle si souvent de notre soif de Dieu, mais si peu de la soif que Dieu a de nous. On évoque ici et là son absence, mais qu’en est-il de notre absence de lui quand nous désertons notre propre cœur? Et si Dieu était en prière devant nous, désirant notre amitié.

Par Jacques Gauthie

 

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